V. CONSTAT ET CONSCIENCE(suite)

 

127. Ode à Gaïa

L'homme occidental a cette culture

Qui consiste à combattre la nature

Infligeant des brûlures irréparables

D'affligeantes blessures intolérables

Pas d'erreur l'homme se croit supérieur

Bien à la hauteur de cette gageure

Tuant Gaïa sa mère nourricière

Un parricide au goût des plus amer

La Terre n'a plus le même visage

Mutilée par la rage et les carnages

Par un mariage entre haine et bêtise

La belle bleue depuis peu agonise

Brise et vent ont le parfum du néant

Relents embêtants de béton béant

L'air du temps pue tant à l'ère moderne

Qu'hommes et femmes errent des cernes aux yeux ternes

Ils ne discernent pas le bien du mal

Nul madrigal environnemental

Ils s'empalent sur leurs pics de croissance

Le profit est religion la croyance

Nul ne pense à la faune et à la flore

Tous l'ignorent qu'importe le décor

Pas d'effort fait pour l'écologie

Mais le forfait d'une idéologie

Ici les animaux crèvent dans des zoos

Là massacrés pas de pot pour leur peau

Une eau polluée imbibe les plantes

Vouées à l'attente d'une mort lente

Tente de vivre avec et non pas contre

Comme les sages d'Orient le montrent

Rencontre Dame Nature la Belle

Fais-lui la cour l'amour universel

16/06/00

 

128. Laisser filer la journée

Jamais assez d'espace humain

Pour l'homme curieux spécimen

Fort fier de son espèce humaine

La race à part au coeur d'airain

Pêle-mêle des génocides

Pollution et bombes atomiques

Famines et guerres méphitiques

Des corps morts pour décor perfide

Et toi que fais-tu face à ça

Tu cherches ton petit bonheur

Comme un paisible randonneur

Sans rang d'honneur pour substrat

De quoi vivre sans artifice

Bien loin des rêves insensés

Pas besoin de fille 100 C

De pouvoir de gloire et de vice

Mais comment peut-on être heureux

En sachant que la con-science

Est au service d'une engeance

De généraux pas généreux

Que sur notre Terre s'opèrent

De gros changements climatiques

Du chaud et de l'effroi critiques

En cet endroit c'est bien l'enfer

Et bien certains s'évadent par l'ascèse

Et prennent la route Gandhi

Grandis en totale harmonie

Leurs arts maudits fourbes se taisent

Mais tu peux aussi bien te droguer

Beau badaud bon bedo au bec

Puis attaquer des teq' impec'

Pour laisser filer la journée

22/05/01

 

129. Apocalypse non

Le monde ne se porte pas bien

Il a mal tout le temps

Jusqu'à sa mort enfin

Demain ou dans cent ans

16/08/94

 

130. La star du petit écran

Drogué par les compliments

Il est en manque tout le temps

La star du petit écran

Ne vit qu'au travers des gens

Le brushing est impeccable

Le sourire ultra-bright

Hypocrite indétectable

Il ne bouffe que du light

Il peut divertir les masses

D'émissions sans réflexion

Mais si le public se lasse

Plus d'émission mais démission

Un salaire astronomique

La gloire et les succès

Tout ceci s'explique

C'est le pouvoir de la télé

Superficiel éphémère

Il redevient anonyme

L'audimat brise sa carrière

La télé est une toxine

12/08/97

 

131. Le flic alcoolique

Des pleurs et des cris des larmes du vacarme

Que se passe-t-il ici personne ne s'alarme

Dans ce beau quartier quelqu'un est bourré

Imbibé d'alcool la fête est plus folle

Une femme saigne du nez devant ses mouflets

Ils tremblent dans leur piaule se tiennent par l'épaule

Elle rêve de tendresse mais se prend des baffes

Pour une histoire de fesses ils se font face

Une soupe pas cuite il frappe la petite

Toute excuse est bonne pour ce con d'ivrogne

Disputes uppercuts il la traite de pute

Que de sacrifices pour sa chère police

Il se croit père modèle le genre Père Noël

Protégé par ses pairs il est libre de faire

Du mal à ses mioches tant pis si c'est moche

Car c'est un bon flic raciste alcoolique

Zélé en manif adepte du bourre-pif

Souvent pétochard en cas de bagarre

Tout lui est permis il porte le képi

Et devant ses potes en fumant sa clope

Il dira j'la mate sans heurt ni coup d'latte

L'histoire se termine elle n'a pas bonne mine

Coma aux urgences en toute innocence

Il va dessoûler et puis s'excuser

Reprendre son service donc boire du pastis

Journée banale au sein de la police

13/07/98

 

132. Le pouvoir criminel

Massacre au nucléaire

Mort des civils

Pas de crime de guerre

Tuerie utile

Jusqu'à quand ces excuses

Pour plaider l'innocence

Mais qui est-ce qu'on accuse

Le contexte la malchance

Nul n'est plus criminel

Que tous les chefs d'Etat

Leurs victimes sont réelles

Elles n'ont pas eu de choix

Génocide politique

Cri des enfants

Sécurité des flics

En matraquant

Combien faut-il de morts

Pour garder le pouvoir

Est-ce qu'il en faut encore

Oui ils s'en font un devoir

13/04/97

 

133. Le sens du devoir

Le sens du devoir accompli

Quelle connerie pour tuer l'ennemi

Une armée pour maintenir la paix

Peace and Love le monde est sauvé

Course au nucléaire en cas de guerre

Tous égaux devant cette mort

La prochaine sera la dernière

Elle seule nous mettra tous d'accord

Tues pour ta patrie ton amour

Tues l'étranger car c'est le mal

Tues pour ton pays ta bravoure

Tues le dans la tête une balle

La propagande la délation

Pas de réflexion obéissance

Oublie ta vie oublies ton nom

T'es qu'un numéro sans conscience

Tu feras des milliers d'orphelins

Tu feras des milliers de veuves

Tu m'feras pas croire qu'c'est pour le bien

Que des milliers de bombes pleuvent

Patriotisme de pacotille

Une nation unie se soulève

On massacre on torture on pille

Sans remords sans regret sans trêve.

27/07/98

 

134. Le sourire du Joker

Une femme des ânes une lame

Un drame infâme se trame

Dans une ville endormie

Se réveille la connerie

Une fille belle se ballade

Suivie par des malades

Une bande de skins qui friment

Qui pensent qu’elle est coquine

Ils l’attrapent et la frappent

Pour ne pas qu’elle s’échappe

Ils l’agrippent et la niquent

Puis ils lui piquent son fric

Horreur malheur douleur

Elle crie elle hurle elle pleure

Elle pense qu’elle va mourir

Mais c’est encore Bien pire

Du sang sur les pavés

Personne ne l’a sauvée

Aujourd’hui elle est folle

Et les skins en rigolent

Ils la triturent torturent

Ces roulures ces ordures

Ils finissent par lui faire

Le sourire du joker...

05/08/98

 

135. Création infecte

Quelle est la cause de cette métamorphose

Des larmes ont coulé avec leur secret

Trésors engloutis et mélancolie

Les mots vont périr dans la masse des souvenirs

Constat éblouissant d'un monde décadent

Toujours à la recherche d'une main d'une perche

Planète inerte entre mains inexpertes

Le monde a changé depuis quelques années

Siècle des lumières devenu enfer

Suicide collectif sous des yeux passifs

Les pensées se déchaînes atmosphère malsaine

Monde décharné pour créatures insensées

06/03/96

 

136. Dieu

Dieu n'est qu'une excuse

Pour les intégristes

S'il existe je l'accuse

D'être un peu trop laxiste

Que Dieu existe ou pas

Là n'est pas la question

Mais qu'on ne me dise pas

Que ce Dieu est bon

28/07/97

 

137. Fin de la vie

Fin de la vie tu souffre en douce

Emprunt d'un sentiment de frousse

De l'hospice à cet hôpital

Ce parcours brutal est banal

Trépasser dans la solitude

En manque de sollicitude

Nous devons crever en silence

Le vide comme unique substance

Tu aimerais voir ta famille

Tes enfants ta petite fille

Et non ces froides blouses blanches

Professionnelles mais pas franches

Mise à l'écart de l'agonie

Il faut décéder sans un cri

La souffrance est une indécence

A isoler dans le silence

Tu espérais mourir chez toi

Dans ta maison ton lit tes draps

Et non dans ce mouroir vidé

De toute personnalité

Vieillards impotents et malades

Considérés au dernier stade

Sont traités comme des enfants

Sans raison ni discernement

Tu voudrais clore tes paupières

Stopper net ce calvaire

Mais tu n'as pas ton mot à dire

Seulement le droit de subir

Acharnement thérapeutique

Dédicace au progrès technique

Fin de la vie fin inhumaine

Que l'on institue en système

02/03/00

 

138. Le virus de la Terre

Brutalité d'un monde pourri

Qui n'entend pas ses propres cris

L'homme est le virus de la Terre

Petite cellule de l'univers

17/09/98

 

139. Montrer l'exemple

Plus aucun projet d'avenir

Est-ce la fin des utopies?

Marécage des souvenirs

Les pensées stagnent à l'infini

Pourtant tu recherches une cause

Combat digne d'être mené

Un espoir contre ta névrose

Un progrès pour l'humanité

Les idéologies sont mortes

Avec elles des millions d'hommes

Des livres ont ouvert bien des portes

Sur l'horreur sous toutes ses formes

Cependant tu rêves d'un mieux

D'une morale universelle

D'un peuple empathique et vertueux

Tolérance et respect mutuels

L'individu est souverain

Ultra sensible à son bonheur

Qui bien-sûr jamais n'est atteint

La jalousie en est le tueur

Malgré cela tu t'en approches

Toujours en quête du bien-être

Ton univers est philosophe

Et l'imaginaire est ton prêtre

L'effort politique s'enlise

Dans des visions à trop court terme

Peu importe qu'on les élise

Car leurs démocraties sont ternes

Toutefois par l'éducation

Tu crois au monde responsable

Montrer l'exemple est solution

La seule à tes yeux acceptable

04/05/00

 

140. Médecine sacrée

Sacralisation de la médecine

Telle une science d'essence divine

Pénicilline et thérapie génique

Déesses de l'ère technologique

Le docteur moderne et puissant chaman

Suscite l'adoration des profanes

Avides de lectures médicales

Prières lues dans le moindre journal

Le grand sorcier n'a plus à invoquer

Les bons esprits et les divinités

Son savoir est basé sur la raison

Le progrès comme voie de guérison

Langage des plus incompréhensible

Termes techniques des plus inaccessibles

Le patient en tremble d'adoration

En quête impatient d'une Rédemption

La confession est souvent douloureuse

Le médecin prend des notes précieuses

Affreuse mise à nue du corps et âme

Sacrifice impudique tel un blâme

Diagnostique impossible à mettre en doute

Contestation toujours mise en déroute

Le toubib outré de toute défiance

Excommunie ce genre d'insolence

Aucune transparence n'est admise

Le secret est culte dans leur Eglise

Porte ouverte à des abus exécrables

Les voies de ces dieux sont impénétrables

Leurs mensonges sont une suprême insulte

Pour plus d'argent la vérité s'occulte

Ils consultent et auscultent comme à la chaîne

Fidèle souffrant tu es leur aubaine

09/06/00

 

141. Nazis

Croix gammée dans leur piaule

Haine fierté dans leur coeur

Petit brun comme idole

Génocide comme bonheur

09/08/97

 

142. Nombriliste

Comme chaque Français qui se respecte

Je grogne je gueule et je rouspète

Je pleure sur mon triste sort

Je suis nombriliste à mort

Je n'sais pas ce qu'est le froid

Des nuits à la belle étoile

Lorsqu'on manque de tout même d'un toit

Quand l'hiver se fait glacial

Je n'sais pas ce qu'est la peine

De perdre quelqu'un dans une guerre

Je n'sais pas ce qu'est la haine

Après avoir tant souffert

Je n'sais pas ce qu'est la faim

Ni le fait d'en mourir

Mais chaque jour je me plains

Que j'n'arrive pas à maigrir

Je n'sais pas ce qu'est la soif

Je peux boire à en gerber

Mais je me dis que j'ai la poisse

A longueur de journée

23/08/97

 

143. Sang dessus-dessous

Combien d'enfants devront mourir

Du fait de la connerie des hommes

Combien de peuples devront souffrir

Du fait des commandements et dogmes

Combien de vies devront payer

Pour les horreurs des dirigeants

Et combien de cris étranglés

Pour les horreurs et tout ce sang

Sang versé pour de l'argent roi

Sang versé pour une religion

Sang versé au nom de choix

Individuels sans émotion

Que coûte une vie pour ces gens-ci?

Une signature sur un papier

Nous ne sommes que des pions sans prix

Qu'ils peuvent sacrifier sans regret

L'argent est loi la mort est reine quand une personne a le pouvoir

Le sang est roi l'amour est peine quand ces personnes rêvent de gloire

15/01/97

 

144. Vieilles à 20 ans

Comme même tante Germaine

Elles sont vêtues à l'ancienne

Vieilles à 20 ans est-ce marrant

Ca me semble plutôt navrant

De cet effet quelle est la cause

Une précoce ménopause

Je me pose cette question

Devant leur look de cromagnon

Comment font-elles pour la drague

La chevelure en forme d'algues

Il n'y a rien de moins sexy

Donc bien peu d'hommes dans leur lit

Ces filles ont une image sage

Qui n'est pas du tout à la page

Côté rétro pas rigolo

Toujours à la mode vieillot

On les imagine au foyer

Boule de laine à tricoter

Un bol de tisane au tilleul

Assises dans un vieux fauteuil

Il n'est pas rare de les voir

Genre réunion tupperware

Ce sont des mémères commères

Tendance langue de vipère

Le physique toujours ingrat

Timides acariâtres parfois

Ce sont des femmes des vestales

Qui ignorent les biens du mâle

Aucune n'est charismatique

Aucune caresse ma trique

Mais certaines sont très gentilles

Sans leur masque de vieille fille

10/05/00

 

145. Etre normal

Etre normal c'est être les autres plutôt que soi-même

Intégré prisonnier tu vis dans ce système

Tous dans le même moule tu n'es finalement qu'un clone

Ta vie n'est que vide et le rien ton royaume

Tu vis à travers le regard des autres comme toi

Sans leur jugement c'est comme si tu n'existais pas

Modèle standard société de consommation

Tu es in à la mode une pâle imitation

Tu manges et tu te vêts comme tes maudits voisins

Tu as besoin de ça pour te sentir quelqu'un

Les émissions à la télé sont tes modèles

Mais il n'y a que la connerie qui soit universelle

Jamais satisfait toujours en train de se plaindre

Pas de goût personnel pas de but à atteindre

Tu es normal normal mais tu n'es pas heureux

Tu es jeune mais tu ressembles à un petit vieux

Moi je n'aime pas trop cette sacré normalité

Je préfère de très loin l'extrême diversité

J'apprécie tous ceux qui cultivent leur différence

Mais fais pas comme moi faudrait pas que je t'influence

13/08/98

 

146. Le beauf à moustache

Des pains dans la gueule, de tous ceux qui veulent

Démontrer leur force, mais la farce se corse

Car on est pas seuls, à ouvrir un œil

A devenir féroce, quand ils font les boss

Les beaufs à moustaches voudraient que l’on sache

Qu’ils sont les meilleurs des reproducteurs

les filles s’les arrachent, surtout les pouffiasses

Qui font leur bonheur, un jour quelques heures

Le beauf aime sa caisse, plus que sa gonzesse

il y met du fric, il la brique l’astique

Fan de la vitesse, pas de la finesse

La frime c’est pratique, question d’esthétique

Il a peur de la vanne, quand il y a des femmes

Peur d’être ridicule, passer pour un nul

Ce serait un drame, de verser une larme

Il vit dans sa bulle, de peur qu’on l’encule

Du moment que sa brille, même de la pacotille

Le beauf est content, il est apparent

Sa moustache frétille, il va plaire aux filles

IL n’a plus 20 ans, mais il a d’l’ argent...

13/07/98

 

PACK V