IV. FANTAISIES

 

 

73. L'idée

Des nuits à se laisser couler ,

Collé, scotché à ces idées,

Ces idéaux plus beaux,plus hauts

Que les drapeaux des populos,

Aux propos par trop démagos,

De pros nationaux pour cerveaux

Ramollos rabougris d'ennuis;

L'idée vient et meurt comme un cri.

Ce n'est pas inscrit pas écrit,

Mais elle est ici épanouie,

Evanouie par ta faute mon pote,

Partie car t'en as pas pris note.

L'idée s'envole tu t'affoles,

Décolle et prends la au vol,

Quitte le sol fol esprit lent

Eprit des idées de talent,

Et prie pendant qu'il en est temps.

L'idée vient puis meurt dans le vent,

Avant qu'elle ne ressuscite

Et suscite quelque autre site.

Spirit apte à la réussite,

L'idée incite et nécessite

Que s'agite chaque neurone

Pour donner naissance à son clone,

Concret réel et matériel,

Loin de l'abstrait superficiel;

Essentielle l'idée devient sûre,

Mûre et pure,dure comme un mur.

Peinture,sculpture,écriture,

Selon sa fonction sa nature,

Mesure ton rôle mineur,

Le bonheur d'être récepteur

19/09/00

 

74. Héros entre quatre murs

Tu vis dans une ville grise

Un bien triste paysage

Le contraire de la terre promise

Juste un moderne marécage

C'est une ville si gigantesque

Qu'elle en a perdu son âme

On pourrait la croire morte ou presque

Comme désertée de toute flamme

Il est vrai que ceux que tu croises

Paraissent vides de toute vie

Mis à part ces gens qui te toisent

Gorgés de haine et de mépris

Tu ressens de la compassion

Pour tous ces visages inconnus

Tu vis les mêmes émotions

Dans le dédale de ces rues

Tu as l'impression d'étouffer

D'être sans une bulle d'air

Tu es ce que tu détestais

Et bien-sûr tu n'en es pas fier

Tu ne veux pas être cela

Tu penses à changer d'existence

Mais la ville annihile le soi

En imposant la dépendance

En conséquence tu t'enfuis

Dans la fiction et dans les arts

L'imaginaire est ton logis

Au gré et au fil des histoires

Symbole d'un passeport pour vivre

Dans la réalité obscure

Tu deviens en ouvrant un livre

Un héros entre quatre murs!

08/12/98

 

75. Serial killer

Le vent cinglant fait voler tes cheveux

La fenêtre ouverte tu respires mieux

Le meurtre commis te semble impeccable

Et ton cœur joyeux reste imperméable

Aucune pitié depuis bien longtemps

Le goût dans ta bouche est celui du sang

Celui des victimes que tu soulages

De l'ennui profond dans lequel elles nagent

Plus qu'un devoir c'est surtout un désir

Les assassiner est un pur plaisir

Tu tues par bonté par gentillesse

Empreinte de compassion et d'adresse

Tu cultives le goût de la beauté

Jusque dans la mort et la cruauté

Tu n'as qu'un seul souci la perfection

Physique et mentale pas d'exception

Tu vas mettre en scène le corps immobile

Quelques bougies de l'encens et tu files

Tu ajustes ta petite culotte

Et enfiles tes longues et superbes bottes

15/12/98

 

76. Barbe à papa

Je veux une barbe à papa

Et pas celle de pépé

Sinon je fais pipi

Mais pas dans le popo

Sur le tapis d'la toto

La toto d'la tata

Qu'a des lolos des titis

Qui plaisent à tonton

Qu'est un sacré coco

Mais un coco cocu

Qui joue du dada

Quand tata fait dodo

Avec le gros dodu

Le dodu qui est tout doux

Quand tonton a su ça

Tonton s'est tut c'est tout

Pour qu'j'répète pas tout

J'veux une barbe à papa

26/01/98

 

77. Virus

Conscient de ses faiblesses

Il se meurt dans la honte

D'avoir vécu sans cesse

Du plaisir qui le trompe

Paradis artificiel

De piqûre en piqûre

Le paradis virtuel

L'a changé c'est sûr

Et dans ses bras meurtris

Et dans son corps maigre

Un virus endormi

Le rend dingue fou et aigre

La drogue a coûté cher

Son travail et sa femme

Sa vie est son enfer

Et l'enfer c'est la came

Hurlant à l'hôpital

En manque de dope d'acide

Il mourra dans un râle

Dans un cauchemar putride

14/04/97

 

78. La Vampire

Belle immortelle affublée de dentelles

Tellement irréelle et sensuelle

La frêle créature à l'air céleste

Semble pure dans chacun de ses gestes

Prestance élégance beauté inouïe

Les joues rougies par le froid de la nuit

L'appétit ronge et aiguise ses sens

Le monstre songe à quêter sa pitance

Elle danse et longe les vieilles rues

Tout en silence les crocs mis à nu

Vénus venue d'une époque lointaine

Muse absolue des craintes souterraines

Souveraine au Royaume des ténèbres

Croque-mitaine à la splendeur funèbre

Elle célèbre le sang des impies

Présent en l'honneur des mauvais génies

Le fruit du mal flaire une proie de choix

Première victime en ce triste endroit

Hors-la-loi assassin de bas-étage

Petits braquages et vols à l'étalage

Sans ambages s'engage le tragique

Débute le traque où le temps s'étrique

Jeu inique dont la nymphe s'amuse

Nonobstant des ruses le pleutre s'use

Soudain fuse avide la prédatrice

Elle l'attrape et l'étripe quel vice!

Glissent les canines dents dans la chaire

Elle suce du truand les mystères

Ephémère immersion instant intime

Dans le subconscient du pusillanime

Abîme de douleur et de plaisir

Rassasiée la Vampire se retire

29/06/00

 

79. La planète immonde

Dans les ruelles sombres d'un quartier innommable

Je promène mon ombre à travers mes semblables

Le sang le vin l'alcool coulent dans les bars

C'est évident mais en vain que ces trolls marchent hagards

La sueur sur les pavés et la peur les gorges nouées

En attente d'une mort certaine peut-être dans la semaine

Le crachin et les crachats entre chiens et chats

Nous sommes bien sur la planète immonde qui nous ressemble

Jusqu'à ce que la mort une bombe en fasse un tas de cendres

25/07/95

 

80. Colère

Je suis le cauchemar de tes nuits

Le mal en personne

Et si tu me nuis

C'est toi que j'emprisonne

Je suis la Reine de souffrance

La cruauté réincarnée

Et si c'est à toi que je pense

Inutile de t'esquiver

Impitoyable comme l'aigle

Rapide comme le chat

Comme les loups espiègles

Je te suivrai pas à pas

Je serai ton ombre

Noire et funèbre

Je préfère les coins sombres

Où règnent les ténèbres

J'erre dans ton cerveau

Je suis une partie de toi

Je ne suis pas un cadeau

Loin de là

La folie la démence

Sont ma vie mes connaissances

Je suis imprévisible incontrôlable

Je ne suis pas invincible mais redoutable

Je suis une partie de toi à part entière

Et quand je suis là On m'appelle colère

25/01/94

 

81. Du nuage à l'homme

Je regarde un nuage qui nage dans le ciel

Expression ou langage

D'une beauté bien réelle

Bien dans son élément

Emporté par le vent

Le nuage en flottant

Redevient néant

Dans sa longue ou courte existence

Il va peut-être abreuver

Ou bien d'impatience

En tempête il va éclater

Je regarde ce nuage

Qui va finir sa vie doucement

Dans un dernier orage

Ou dans une pluie de printemps

Je regarde ce nuage

Qui sage meurt lentement

Sans bruit ou en rage

Comme les hommes souvent

Métaphore de la vie

Sous un soleil d'or

Le nuage est parti

Métaphore de la mort

25/09/94

 

82. Entre elles

Qu'elles aient les yeux bleus marrons ou verts

Entre elles ce sont des guerrières

Elles s'épient et se critiquent sans cesse

Sans aucune pitié ni tendresse

31/01/96

 

83. Folie

L'été est dans la ville

Le soleil est partout

Et dans le regard d'un homme

Brille un désir fou

21/05/94

 

84. Folie douce

Montée d'adrénaline

Puissance mais peur affreuse

Remède contre la déprime

En intra-vénéneuse

10/04/97

 

85. I live in a world

La Terre ronde nous accepte sans haine

Nous la croyons féconde même quand rien ne germe

Mais parfois elle gronde des propos acerbes

Des signes qui ne trompent et que personne n'observe

26/01/95

 

86. Faut éviter les guerres

Il suffira d'un Président fou

Pour faire de la Terre un vulgaire caillou !

12/08/94

 

87. Jeux de maux

Les transes étranges...étranges transes

Les tranches de transe...sont les tranches étranges

Que je cherche et recherche

Vis à vis de ma vie, ô envie

Je doute et je redoute

Ce à quoi je pense

Mais je panse et repanse

Ma souffrance mon insouciance

Mais je ne vaux pas un sous sans l'insouciance

De mon adolescence sachant que sans chance

Le monde n'aurait pas d'importance

L'importance d'une potence à ceux qui n'ont pas connu la chance

La chance est un appât rance et une apparence

Que l'on cherche et recherche toute son existence

Est-ce que la vie perd la vipère ou est-ce que la vipère perd la vie?

A mon avis la vie perd et perd toujours la vie

Ce sont des questions dont il est hors de question

26/06/94

 

88. Boxeur du néant

Regarde ton homme il se bat pour toi

Toi sa femme qu'il aime avec tendresse

Pour qui il ferait n'importe quoi

Afin que jamais tes sourires ne cessent

Il travaille jour et nuit pour vous nourrir

Vous ceux qu'il aime toi et vos enfants

Il peut sacrifier sa vie sans gémir

Lui le fossoyeur du ring le combattant

De ses yeux et sa lèvre s'écoule du sang

Et toutes ses plaies le font beaucoup souffrir

Mais malgré sa vie de boxeur du néant

Sa volonté va tout anéantir

A l'agonie après un dur combat

Il redevient fantôme dans ce monde vide

Où les hommes et les corbeaux se côtoient

Pour l'emmener au bord du suicide

En exil sur cette planète désolée

Il te rejoindra sans sa paire de gants

Il quittera la violence des paumés

Pour se transformer en ton prince charmant

Avec ton aide il revient des souterrains

A la lumière crue des néons irradiants

Tu lui dois donc le respect et tes soins

Puisqu'il t'aime d'un amour adolescent

27/03/95

 

89. Dans cet autre monde

Dans la moiteur d'une chambre d'hôtel

Crasseuse moisie nauséabonde

Crèchent un homme et une femme rebelles

Lui genre macho et elle belle blonde

Elle lui susurre d'une voix sensuelle

Des mots gentils dont son coeur s'inonde

Des mots caressant son oreille

Ils s'aiment dans cet autre monde

Les seuls survivants de la bombe...

06/08/95

 

90. L'âme du rasoir

Une lame de rasoir scintille dans la nuit

Nuit noire sans espoir...

Un cri!

L'âme du rasoir avance sans bruit

Dans les rues sombres sur les boulevards

Cherchant sa proie avec appétit

Tu l'aperçois mais c'est déjà trop tard

Elle te suit te lance ses éclairs

Brillants cruels

Troublants mortels

Elle s'approche de toi très lentement

Tu la regardes paralysé

Hypnotisé tremblant

Comme un animal face aux phares d'une voiture

Tes yeux restent ouverts

Prisonnier de tes émotions du temps qui dure

Tu vis un véritable calvaire

La sueur s'écoule lentement de ton corps

Soudain tu hurles au secours car vient la première douleur

Mais déjà la lame du rasoir s'enfonce et atteint un os

Demain matin tu seras découvert par un gosse

L'âme du rasoir brille à nouveau

Mais la lame du rasoir n'a plus d'éclat car pleine de ton sang

Alors elle s'essuie dans tes vêtements

Et avance sans bruit dans les appartements sur les boulevards

A la recherche d'une nouvelle proie

Dans cette nuit noire sans espoir

20/02/94

 

91. La brise aromatisée

La brise aromatisée

De doux parfums étrangers

Apporte d'un lointain passé

De douces effluves caressées

Relents du passé

Trop longtemps étouffés

Revenus pour souffler

La joie d'une victoire volée

Revenez douces odeurs aimées

Revenez afin d'insuffler

Du renouveau dans la quotidienneté

Du renouveau et le plaisir de gagner

Ces doux parfums étrangers

Apportent des rêves hallucinés

Apportent des souvenirs dévastés

Apportent des visions déchirées

De longs combats des sentiments violés

Beaucoup de rêves et d'illusions brisées

Peu de trêves pour beaucoup de destinées

Des vies qu'on achève pour s'illuminer

La brise aromatisée

De doux parfums étrangers

Apporte d'un lointain passé

De douces effluves caressées

Mais il vaut mieux y renoncer

Mais il vaut mieux les oublier

21/07/94

 

92. Mourir ou vivre, que choisir? décide toi!

Dans cette chaude nuit parsemée de tâches blanches

Elle fuit les aléas de la vie à la recherche de son ange

Mais les noirceurs de son âme désirent une revanche

Une soif de flammes et de rêves à tout jamais étranges

Ta vie n'est qu'un néant un long suicide ou un deuil

Alors surtout ne laisse pas ce vent acide t'emmener comme une feuille

20/08/95

 

93. Nuit d'été

La nuit l'ennui ça nuit

Et les étoiles resplendissent

La pleine Lune jette sur moi une lumière blafarde

Dans la forêt des bêtes gémissent

Où mes pensées et rêves s'attardent

La nuit l'ennui ça nuit

Et dans l'air frais vole une chouette

Emportant une souris dans son bec

Mes idées vagabondent dans cette douce nuit d'été

Comme volerait une colombe ne sachant où aller

21/06/94

 

94. Soldat

Il meurt le ventre vide une balle en plein coeur

Il meurt le teint livide loin de chez lui et du bonheur

Ce n'est pas sa guerre ce n'est pas son pays

Mais pour la paix sur terre il est parti loin de chez lui

Jeune mais sans boulot l'armée était sa seule chance

Il voulait pas finir clodo mourir dans la déchéance

Aujourd'hui il crève dans la boue le sang macule ses vêtements

Il est peut-être mort sur le coup mais que de souffrances avant

Il ne verra plus sa petite amie à qui il avait promis de revenir

Il a pensé à elle sans répit il aurait tant voulu fuir

Car il ne voulait pas mourir

Il est mort le ventre vide une balle en plein coeur

Il est mort le teint livide loin de chez lui et du bonheur

Ce n'était pas sa guerre ce n'était pas son pays

Mais pour la paix sur terre il est parti loin de chez lui

05/12/95

 

95. Vision

Seule dans le désert

Une fille roulait sur sa moto

Sur une route pleine de poussière

A la recherche d'un point d'eau

Sa longue chevelure blonde

Se reflétait dans les chromes rutilants

Comme l'effet d'une bombe

Sa chevelure de feu flottait dans le vent

Ses yeux bleu clair étaient délavés

Sa machine dans un éclair ne faisait que fumée

Ses yeux étaient fatigués mais ils restaient lucides

Et sa peau bronzée ne faisait aucune ride

Un bandana à tête de mort protégeait sa tête

Son Harley hurlait à la mort comme une bête

C'était une fille sans homme car ivre de la liberté

Elle faisait corps avec son custom pour mieux l'épouser

Son short en jean très court et son body vert moulant

Faisaient d'elle une déesse de l'Amour une fille de rêve sans précédent

Une chevelure de feu des yeux de braise

Une belle image de Dieu à vous mettre mal à l'aise

Cette fille roulait dans le désert

Comme une déesse en Enfer

Le paysage défilait

Mais jamais elle ne s'arrêtait

Comme le vent qui s'engouffrait dans ses cheveux longs

Je la vis s'éloigner à jamais derrière l'horizon

Dans une dernière vision

17/07/94

 

96. Combat

Avec toute cette foutue haine dans ta gorge

Tu gueules hurles à la mort toujours plus fort

Enfin tu contrôles ta vie tu la forges

Même si jamais tu ne t'es plaintes de ton sort

Toute une vie à souffrir en silence

Imposé par la peur la honte la gêne

Des mensonges pour sauver les apparences

Trop longtemps tu as supporté son règne

La douleur était ton pain quotidien

Mais ta trouille s'est peu à peu transformée

Et maintenant dans ta tête tout se tient

Tu sais clairement pourquoi tu vas tuer

La colère est le moteur qui t'anime

C'est tout ce qu'il te reste contre la folie

Rien ne la calme rien ne la supprime

Elle attend juste que tout soit fini

Liberté par la fuite ou par le crime

C'est au meurtre que tu t'es résolue

De toutes tes émotions l'horreur culmine

Mais tu n'es déjà plus une femme battue

04/03/98

 

97. En attendant

En attendant la retraite l'arthrite

En attendant d'être vieux envieux

Je continue ma quête enquête

Sur les plaisirs de la vie l'envie

Par conséquent je prends apprends

Un peu plus chaque jour toujours

Et si parfois je mens dément

C'est que je suis à cour au secours

Et alors de surcroît je crois

Que c'est pour moi la fin enfin

Mais je suis encore là si las

Je ne suis que ce rien serein

Pour les temps à venir avenir

Ce sera comme naguère des guerres

Des batailles pour le pire empires

Mais que faire sur cette terre se taire?

27/09/97

 

98. La faucheuse

Rêve morbide agréable

Sordide mais impalpable

La faucheuse est en noir

Capricieuse en hasard

Enfer ou Paradis

Juste un instant un cri

Une larme pour seule compagne

C'est la faucheuse qui gagne

Les couleurs se mélangent

Mais pas de fleur ni d'ange

C'est ton cœur qui s'arrête

C'est la Mort qui te guette

Une dernière pensée brille

Souvenirs et famille

Et des amis qui pleurent

Qui parlent avec leur cœur

Mais aussi des regrets

Pour ce qu'on n'a pas fait

Les non-dits les je t'aime

A tous ceux dans la peine

16/04/97

 

99. Le fainéant

La vie de fainéant n'est pas celle que l'on croit

Elle exige une discipline particulière

Le fainéant ne peut pas faire n'importe quoi

Il ne doit effectuer que le nécessaire

Fainéantise est synonyme de progrès

C'est la dure recherche de la moindre fatigue

Par conséquent le fainéant est un bienfait

D'ailleurs l'humanité toute entière s'en irrigue

Cependant la fainéantise et la paresse

Sont considérées comme pêchés capitaux

La bonne société les moque ou les agresse

Ignorant leur caractère naturel et beau

Ensemble réhabilitons le fainéant

Force future pour une société meilleure

Nos existences changeront par ce slogan

Comme le passage du noir et blanc à la couleur

10/12/98

 

100. Le fou passager

Je rentre du boulot

Je tue ma femme

Un peu comme un vrai pro

Sans état d'âme

Je fais pisser le chien

Puis je l'étrangle

Mais je fais ça très bien

Avec une sangle

J'me ballade dans la rue

Je flingue un keuf

A grands coups de massue

Sur son crâne d'œuf

J'me promène dans la forêt

J'y bute un gosse Je l'ai défiguré

A coups de crosse

J'fais un tour à l'hospice

Massacre de vieux

A coups de tournevis

J'leur perce les yeux

Ils font moins les malins maintenant

J'men fou j'dirai qu'c'est pas moi

La folie passagère existant

Je serai au dessus des lois

09/08/97

 

101. Le magicien

Les yeux ouverts sur l'imaginaire

J'évolue nu comme un ver de terre

Ce que je vois sombre dans les ombres

Englouti dans la noire pénombre

Je fais un pas sur ce qui n'est pas

Le cœur paralysé par l'effroi

Le malaise me menace et me glace

Car je ne sais pas ce qu'il se passe

Le peu que je distingue paraît dingue

Mais qu'ai-je bien pu faire de mes fringues

J'avance encore étrange décor

Suis-je dans l'antre de la mort

Au loin enfin j'aperçois quelqu'un

Je m'approche c'est un magicien

Ma voix prononce des mots bizarres

Langue ancienne dialecte barbare

Il me répond par télépathie

Quémande ce que je fais ici

Son grand visage sage et sans âge

Emet les plus absurdes messages

A bout de nerfs je perds les pédales

Le vieux me claque et me fait du mal

Dans la folie sur lui je me jette

Pour le fracasser d'un coup de tête

Des gouttes de sang tombent à mes pieds

Tout a disparu j'ai mal au nez

Mal réveillé dans ma chambre j'èrre ...

Je me suis cogné dans l'étagère

04/09/99

 

102. Le suicide

Le suicide que tu sois lâche que tu sois fort

Contrôle ta vie choisis ta mort

Quitte ton cœur corps à l'heure alors

Esclave sois maître de ton sort

Le suicide nuit gravement à la santé

A la tienne à ceux qui t'aimaient

Ignare ignore tu le danger

Rien de pire qu'un suicidaire raté

Le suicide c'est comme mourir de son vivant

Plus l'envie d'aller de l'avant

Au revoir maman c'est le moment

De laisser la vie qui me ment

Le suicide pour les soucis tu dis ceci

Tu l'écris et tu le cries

Tu tues la peine la maladie

Tant pis pour le dépit des petits

Le suicide le coût pas cher d'une corde au cou

Un flingue une balle et puis c'est tout

Crève de plaisanterie pour des sous

Mais tes amis en seront fous

06/02/98

 

PACK V