III. TROUBLES DE L'AME

 

 

 

48. Prison charnelle

J'ai si peur du lendemain

Cette promesse du pire

Le charnel a son destin

Et aucun moyen de fuir

La chaire est si douloureuse

Qu'elle en corrompt tout mental

Cage pourrissante hideuse

Prison jusqu'au dernier râle

Je désire la paix du corps

Pour que vive mon esprit

Que celui-ci puisse éclore

Les autres sens évanouis

Mais la vérité est cruelle

Mon âme demeure captive

Rien plus rien n'est essentiel

Avant que la mort n'arrive

14/07/99

 

49. La vie est belle

Je rêve que la vie est belle

Mais le réveil est brutal

La vie n'a pas son pareil

Pour qu'on s'y sente mal

09/08/97

 

50. Quand tout ne va pas bien

C'est un jour d'orage dans mon esprit

C'est un jour de rage dans ma tête

Je ne sais plus qui je suis

Mais je ne suis pas un ascète

J'ai les pieds sur terre et la tête dans les cieux

Mais que faire je ne suis pas Dieu

Il faut que je fasse face au feu de ma conscience

Il faut que je fasse face au feu de ma déchéance

Je n'ai jamais réellement voulu vivre

Mais je ne veux pas non plus mourir

Pourquoi vivre si je ne sers à rien

Pourquoi mourir si je suis quelqu'un

Pourquoi ivre de la vie je pense souvent à la Mort

Je préférerais vivre ivre ne plus penser à mon sort

Quand je pense à tout ça c'est que tout va mal

Quand je pense à tout ça je ne sais plus quoi faire

Comment plaire à tout le monde

Alors que je ne me plais pas à moi même

Comment plaire à tout le monde

Alors que personne ne m'aime

Parfois j'ai honte je voudrais cesser d'exister

Je voudrais dormir pour ne plus penser à rien

Je voudrais sourire et être quelqu'un de bien

27/05/94

 

51. Quand ça fait mal

Quand la tristesse nous envahit quand le désespoir nous attrape

Quand on voudrait pousser un cri quand notre indigne vie dérape

Difficile d'oublier la haine difficile de tout pardonner

Difficile de panser sa peine difficile de ne plus rêver

Quand toutes nos illusions s'envolent difficile de rester lucide

Quand on se dit encore pas de bol comment échapper au suicide

Certains recherchent causes et erreurs certains restent dans leur confusion

Certains s'enfoncent dans la douleur pour certains le temps est une solution

A chacun sa façon de voir à chacun sa façon de réagir

A chacun sa part de hasard à chacun d'éviter le pire

Mais comment éviter l'échec comment lire dans les pensées de l'autre

Comment garder ses yeux au sec comment sortir d'où on se vautre

Pour ça il y a les copains qui font qu'on est jamais tout seul

Triste consolation mais enfin ils nous empêchent de faire la gueule

Le principal est d'être entouré le principal est d'essayer

Même si ça fait très mal d'aimer même si ça fait très mal d'être jeté

22/09/95

 

52. Faire semblant

Je n'arrive plus à faire semblant

Dire que ça va quand ça ne va pas

Me mentir et sourire à pleines dents

Quand à l'intérieur c'est le désarroi

Tous mes plaisirs se sont évanouis

Avec l'apparition de mes vertiges

Maladie qui chaque jour me poursuit

Transformant le joie en passé vestige

J'en ai marre et je n'ai pas le moral

Mais bien-sûr cela pourrait être pire

N'empêche ça fait un an que je suis mal

Et sans savoir si je vais m'en sortir

Dans la vie pour moi plus rien n'a d'attrait

Mais alors pourquoi est-ce que je persévère

Parce que peut-être je tirerais un trait

Demain sur ces longs mois d'enfer

31/03/99

 

53. Tumeur

Je souhaite périr avant ceux que j'aime

Plutôt que souffrir morbides chrysanthèmes

Perdre ma propre vie ou vivre une perte

Un choix réfléchit égoïsme alerte

A la fleur de l'âge maladie tumeur

Fleur fanée sauvage en ma chair je meurs

Pas une belle fin héroïque grandiose

En futur défunt la vie n'est pas rose

Regards passéistes sur mon existence

Je ne suis pas triste puisque tout fut dense

Intenses furent mes jours d'émotions variées

Me manquait l'Amour mais je l'ai trouvé

Et si je m'éteins en cette seconde

Le bilan humain est loin d'être sombre

Je côtoie les bons les meilleurs c'est sûr

Eternelle passion de l'amitié qui dure

21/10/98

 

54. Le plaisir

Je n'ai pas peur de la mort

Mais je crains de ne pas vivre

Alors que m'importe la mort

Si de la vie je suis ivre

Pas de place pour les doutes

Aucune règle imposée

Vivre par passion coûte que coûte

Je laisse aux autres les regrets

Fournisseur officiel

De plaisirs illicites

Que de mondes parallèles

Dans l'univers des guidzits

La morale interdit

Refusant les plaisirs

La morale c'est l'ennui

Provoquant les désirs

Existence monotone

Peur de la décadence

C'est le pouvoir qui gomme

Par ses lois la jouissance

Pas de drogue pas d'alcool

Pas de vitesse pas de sexe

Pas de chance pas de bol

Car c'est ça qui m'intéresse

Liberté occultée

Sans parler des censures

C'est pour notre bien notre santé

Qu'ils empêchent la luxure

23/08/98

 

55. Au petit matin

Je me réveille les tripes nouées

En position de foetus angoissé

De tout mon corps transpire le mal-être

Le jour se lève et me prend en traître

Lové dans mon lit je pleure tout seul

Les draps m'enveloppent tel un linceul

Je voudrais vomir ma vie sans relief

Mourir simplement sans porter grief

Mais je n'ai pas la force du suicide

Obsession omniprésente et perfide

Debout dépité la journée commence

Certains me diront que c'est une chance

La journée se passe arrive le soir

Toute une existence sans aucune histoire

Je n'attends pas demain car il viendra

Malgré mon dégoût et bien malgré moi

04/03/99

 

56. Avenir nostalgique

Pris dans l'engrenage

J'enrage dans cette cage

L'avenir se profile

Futur de débile

Je crains pour demain

Tumulte incertain

Une année cruciale

Une charnière mentale

Devenir ennuyeux

De plus en plus vieux

La fin de mes rêves

Mais pourquoi j'me lève?

Question d'habitude

Dans une vie bien prude

Paie de fin de moi

C'est cool c'est la joie

Mais pourquoi se battre

Se couper en quatre

Dés lors que je suis

Dans ce système-ci

Fondu dans ce piège

Je me désagrège

Bien plus fataliste

Bien plus pessimiste

C'est comme ça...

14/10/98

 

57. Caca nerveux

Je ne suis qu'une pauvre merde malsaine

Qui pue la mort la crève la haine

Je ne suis qu'une pauvre loque d'amour

Plein de vide intense sans bravoure

Je préfère la souffrance d'une histoire

Que pas d'histoire que de pas te voir...

05/05/98

 

58. Déprime

Je vais noyer ma déprime dans l'alcool

Jusqu'à c'qu'elle soit gaie c'est pas gagné

Et tant pis si ça marche pas ma parole

Car l'important c'est d'participer

J'espère que j'n'aurai pas l'vin triste

Vu qu'y a déjà mon existence mon âme

Ce paysage de mort dont j'suis l'touriste

Et d'où on ne s'évade que par la came

C'est p't'être pas la solution du problème

Mais c'est bien la plus agréable qui soit

Un court instant le rêve devient emblème

C'est mieux que ce rien si lourd de son poids

J'crois pas qu'un jour je f'rai des jaloux

Alors que j'crève d'envie devant plein d'monde

Quand j'vois un couple heureux je deviens fou

Meilleure exemple de ma bassesse profonde

Pourtant j'aimerais être heureux serein

Mais je n'suis sûrement pas assez naïf

Je s'rai toujours ce pauv'mec qui craint

Puisque chez moi le malaise est instinctif

La dépression est une des maladies

De l'esprit des gens faibles et tourmentés

Je sais pas si un jour je serai guéri

J'ai sûrement pas la force d'y arriver

14/05/98

 

59. Des terres minées

Le souffle de la mort est agréable

Contre mon âme violée par ta vue

Tout cela est bien regrettable

Partir pour ne plus être déçu

Mon coeur n'est plus que terre minée

Terre minée tout va se terminer

Partir en rêve ou en fumée

Déterminé à me suicidé

Le bonheur des autres me fait mal

11/03/96

 

60. Dépressive rancoeur

La vie est belle jusqu'au jour où

Nous nous posons des questions avec dégoût

Quels sont nos objectifs?

Quel est notre but?

Quelles sont nos raisons de vivre

Ce qui nous rebute?

Ce sont des questions futiles

Des questions sans réponse

Des questions indélébiles auxquelles je ne renonce

Elles portent aussi sur l'éducation

La vie après la mort

La nostalgie des années passées

Et les remords

Avec une douleur au coeur

Nous exprimons nos peurs intérieures

Nous transpirons l'amertume

De notre esprit rempli de brumes

Les brumes obscures noires et sans fond

Où règne l'indignation

Alors le sang bouillonne dans nos veines

J'ai envie de crier ma haine

Mais pas de chance quelle déveine

Il n'y a qu'une seule solution

La soumission

10/10/93

 

61. La connaissance

Sentiments écartelés

Pures émotions mises à nue

Cœur à vif auréolé

D'un esprit sombre confus

Mon appétit est dantesque

Concernant la connaissance

Cette gigantesque fresque

Qui frustre mon existence

J'ai la soif inextinguible

De la culture en pâture

A ce point incorrigible

Qu'elle en devient ma nature

Art merveille inépuisable

Objet de désir absolu

Je me sens si lamentable

Lorsque l'œuvre m'a trop plut

Je suis jaloux du démiurge

Et des hommes de talent

Ma médiocrité m'insurge

M'épuise mentalement

15/12/99

 

62. Complexe

Je crains de ne pas être prêt c'est vrai

A entrer dans le monde des adultes

Inculte immature ainsi j'apparais

Car à leurs yeux je ne suis qu'une insulte

Je ne sais rien faire je suis nul en tout

Fou comme je n'ai pas confiance en moi

Ma foi c'est comme ça je ne suis qu'un mou

Un incapable débile et sans foi

J'ai peur de mal faire donc je ne fais rien

La trouille qu'on m'engueule me cloue sur place

Pas démerde pas débrouillard tout se tient

C'est dingue comme mon complexe est tenace

05/05/99

 

63. Consommation de masse

Signal de détresse Perdu ou ignoré

Je recherche la sagesse En ce monde désolé...

28/07/97

 

64. Cracher ma colère

Je veux cracher ma colère à ce monde orphelin

Ma haine serait meurtrière si elle était venin

11/02/96

 

65. Bang!

Je ne suis plus qu'un fantôme errant dans la vie

Une âme troublée déchirée sans merci

Des pensées bien obscures dans la tête

Un corps saigné dans un corps abjecte

Un cerveau gluant qui macère

Le ventre en boule de nerfs

Je ne suis qu'une loque

Qui pleure et invoque

Plus rien qu'un déchet

Au coeur défait

Où aller?

Tu sais...

BANG!

27/01/96

 

66. Crise en thème

Je me demande par tous les viscères

Ma fin mon but l'objectif le destin

Ce qu'est mon coeur ce que sera demain

Interrogation à quoi ma vie sert?

Je me sens bien mal armé face au doute

Assassin des convictions rassurantes

La loi du talion alarmée enfante

Le combat des idées terrible joute

Mon âme est une personne alitée

Enfiévrée par les pensées en fusion

Le coeur brûlé par la flamme émotion

Je subis un trouble d'identité

J'essaie dans la mesure du plausible

De tracer à la machette des mots

Un sentier balisé uelque flambeau

Un phare dans la tempête invincible

Je grave en mon esprit le tatouage

Une carte un guide protecteur d'âme

Un chemin de bonheur contre l'infâme

Qui saura me raisonner à tout âge

La vérité confère à son confrère

Où plutôt son contraire le mensonge

Le goût amer des élégiaques songes

Qui hantent mes nuits de peu de lumière

Sans cachet l'existence s'alanguit

S'en cacher serait un crime un suicide

La mort assurée du moindre fluide

L'extinction des positives énergies

Le temps incapable de me servir

Mais implacable en ce qu'il m'élimine

Me rend coupable de folie sanguine

Contre la crise en thème que j'expire

07/03/01

 

67. Entre dans mon Univers

Entre dans mon Univers

Sombre et tourmenté

N'y cherche aucune lumière

En ce lieu désolé

Ici toutes les tristesses

Se muent en poésies

Le coeur saignant sans cesse

En quête d'une harmonie

Politique poétique

Le choix est évidence

Tellement besoin d'éthique

Crever l'abcès l'absence

Le corps repu corrompus

Les autres me montrent du doigt

L'ignorance a vaincu

Le corps rompu je me noie

Etouffant d'émotion

Asphyxié par l'Amour

Claustrophobe d'un monde prison

Je suis un troubadour

Enterrés sont mes rêves

Ma tête est leur cimetière

Leur existence fut si brève

Mais un rêve à quoi ça sert?

08/02/98

 

68. Dans la peau d'un Ange

Je regarde mon futur

Putain je n'y vois rien

C'est tout flou tout obscure

Et c'est plein de chemins

Des impasses des culs d'sacs

Et encore des coupe-gorges

Mais pas un n'est pour Pack

Que mon enfer se forge

Je regarde mon miroir

Le reflet de la mort

Le sourire d'un rasoir

Qui dit pas que j'suis l'plus fort

Ni le plus beau d'ailleurs

Ni l'plus intelligent

Juste un petit rêveur

Qui n'a plus d'rêve vivant

Comment ça j'dramatise

C'est pas vous qui vivez

Des journées de vertige

Sans raison s'il vous plaît

J'en ai marre de cette vie

J'voudrai faire un échange

Redevenir petit

Ou dans la peau d'un Ange

Réalité concrète

Sans intérêt aucun

Je vous laisse à votre fête

Et salut aux copains

12/11/98

 

69. Schizophrénie latente

Entre la folie furieuse

Et la tristesse infinie

Mes émotions insidieuses

Ne connaissent aucun répit

Entre l'envie de détruire

Et la passion créative

Mes besoins se font sentir

Quand la douleur se fait vive

Entre le désir d'être mort

Et le voeu d'une vie intense

Le choix d'être faible ou fort

Je ne suis qu'une apparence

Entre la puissance de la haine

Et la volonté d'être pur

Mes troubles pensées me gênent

Font de mon coeur une blessure

Entre l'ennui d'être comme ça

Et la rage au ventre frustrée

La peur d'être toujours si las

Contre le souffle épique rêvé

Entre la joie d'être reconnu

Et le goût d'être marginal

L'ultime beauté mise à nue

Le présent me fait si mal

Une schizophrénie latente

Frémit entre mes entrailles

Déchiré par l'attente

Loin s'en faut je n'suis pas sans failles

16/09/97

 

70. Si vulnérable

Un cierge allumé

Sur une vieille pierre grise

D'un vieux château ruiné

Comme une flamme à l'église

Un cierge allumé

Comme une flamme à l'église

Je me suis fais ridiculiser

Ils n'en font qu'à leur guise

17/05/95

 

71. Portant le deuil de mon Enfance

Portant le deuil de mon enfance

Le coeur sombre revêtu de noir

Poursuivant ma route dans l'errance

Je hais mon reflet dans le miroir

Regrets éternels à celui

Que je fus des années plus tôt

Souvenir des limbes de l'oubli

Reclus dans mon âme ce cachot

Passé de vie à trépas

C'est aujourd'hui que je le pleure

Le môme que j'étais ici-bas

Laissant sa place à la douleur

L'adulte que je suis devenu

Ayant quitté sa chrysalide

Déplore en vain le disparu

En ma chair sentiment de vide

La date du décès je l'ignore

Aucune prière ni enterrement

Au crépuscule le réconfort

Car dans mes rêves il est présent

Possible résurrection future

A l'âge de la sénilité

Enfant dans un corps pourriture

Triste retour à l'état premier

Résigné à cette longue attente

L'adulte en moi se déraisonne

Recherchant les substances grisantes

Détruire le soi futile personne

25/03/98

 

72. La folie des glandeurs

Après bien des années de dur labeur,

De stress et de peur sans cesse en liesse,

De maux et douleurs qui mettent en pièces,

Je suis pris de la folie des glandeurs

Moi qui ai tant travaillé et tout fait

Au nom de l'excellence et de la gloire ,

J'ai éclairé ma conscience pour voir

Que dans mon existence j'étouffais

J'ai perdu votre esprit scientifric

Et n'ai plus besoin des succédanés,

De vos mille plaisirs,succès damnés

Pavés d'échecs et de chocs,pour le chic

Le silence et la paresse en science,

Sans l'âpre indécence de l'amertume,

Ni l'essence du mal,l'amère thune,

Je découvre le sens de ma naissance

Ainsi je brise les normes oppressantes,

L'énorme gangue des modes et des mœurs;

Je quitte le troupeau vos gangs de morses,

Aux pressantes dents toujours trop présentes

Je n'ai pas à répondre de vos attaques,

Ni à me justifier masqué en vain,

Car je suis le héros pas l'assassin,

Ou bien uniquement de votre arnaque

Rêve et humour seulement je cuisine,

Crée du cosmique de répétition,

Recette du bonheur de l'inaction,

Dédiée aux frères de cœur,aux frangines

Pour l'heure dans les couloirs du sommeil,

L'âme dans les corridors bleus des cieux,

Mon corps y dort comme un loir malicieux,

Qui a mal aux yeux d'entrevoir l'éveil

08/02/01

 

PACK V