La petite maison

 

 

J

e l’ai revue la maison, celle de mon enfance

Elle m’a paru bien petite à coté des autres

Dans notre infortune c’était pourtant la nôtre

La voici avant que de ma mémoire tout s’efface.

 

B

ien des choses ont changé dans le quartier,

Les maisons sont là, mais les gens sont partis.

Tout est bien calme, sans les gosses qui crient

Seul le bruit des voitures pour être éveillé.

 

L

a porte du garage disparue, la façade a changé,

Au sous-sol habitable, a pris place une fenêtre.

Sur le côté pour permettre un accès peut être,

N’est plus là le petit mur et sa grille de fer forgé.

 

A

l’intérieur face au bac à laver le linge je revois

Le pupitre en bois qu’avait fait notre père

Pour travailler aux devoirs, le soir, avec mon frère,

Et derrière dans la cave les conserves et le bois.

 

C

et endroit tristounet, aux études, n’incitait guère

Au bas de l’escalier, le garde-manger au grillage

Très fin, de l’appétit des souris, abritait les fromages,

A l’étage une grande pièce pour tout faire.

 

D

e là aux deux chambres on accédait,

Avec mes frères nous couchions dans la bleue,

Un placard nous servait de cachette, heureux

Malgré le froid, l’hiver, avec les vitres givrées.

 

D

ans l’autre, les petites soeurs et les parents,

Avec si peu d'espace, dehors nous avons grandis

Dans la rue, et la campagne environnante aussi.

Pour le confort, c’était à l’extérieur tout le temps.

 

D

e la rue on aperçoit le jardin, mais les arbres non,

Le grand cerisier et les pommiers ont été coupés.

Des arbustes ont pris la place, tout a été repensé,

Mais demeure encore à sa place le petit cabanon.

 

C

est dedans que nous allions nous cacher.

Il servait à ranger les outils de jardinage.

C’était le lieu idéal pour les jeux de notre âge

Et même avec les tiges d’ails d’essayer à fumer.

 

I

ci une partie de notre vie nous avons vécus,

Dans trois pièces, la maison était trop petite

Il faut plus d’espace, pour bien vivre à huit,

Et pour être mieux, partir nous avons du.

 

Serge