Qu’il est loin le temps où à deux

Nous faisions équipe, à écouter les bruits,

A faire le trait, à observer les feux,

A partager la vigilance dans la nuit.

C’était DING ! à voie libre, pour le vert

Mais pour le jaune, il fallait pointer.

Plus rien de tout çà, si c’est ouvert,

Une belle lampe jaune, si c’est fermé.

A la belle époque des patachons,

De la conduite, chacun prenait sa part.

En faire un bout allait au compagnon

Qui accomplissait la tâche avec égard !

Et même dans la rampe d’Argenton

On rattrapait tous les retards !

C’était la petite vitesse, celle d’une passion,

Qui permettait parfois quelques écarts.

De ce temps là, il reste des machines

Dont le bruit endort le conducteur.

Par la radio, mis seul, dans sa cabine,

Quelle conversation pour un parleur?

C’est la belle rançon d’un progrès!

Celle qui pousse à rouler plus loin,

Et pour la conduite à être isolé :

C’est de la solitude pour le moins.

 

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