L' Arbre





L'arbre centenaire gît sur le sol
Le vent maudit a brisé son envol


Patientes face aux tourbillons
Qui courent plaines et vallons
Les fibres vont à l'unisson
Selon le rythme des saisons.


Mais le géant débonnaire
Redoute le courroux,
Du souffle téméraire
Qui égaye ses cheveux roux.


Et dans le bruit et la fureur,
Les branches s'agitent de peur.
Les feuilles volent dans les airs,
Les racines crient sous la terre.


Bientôt les larmes de la pluie
Ruissellent sur cette écorce.
Elles glissent dans les replis,
Du géant qui perd ses forces.


Fatigué par mille démons,
Vaincu par les déchirures,
L'âme monte dans l'azur,
D'un ciel bleu sans horizon.


Passe le vent, tourne la terre,
L'ombre se change en lumière.
Des graines, demain naîtront,
Pour que vivent les bourgeons.



« Penser en poète, vivre en guerrier »